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Certains chats ramènent des proies bien plus souvent que d'autres : la personnalité en cause

Photo du rédacteur: Cyril Bauchais
Cyril Bauchais
12 sept.
3 min de lecture
Une souris qui grignotte

Deux chats vivant dans un environnement similaire, avec le même accès à l'extérieur, et pourtant l'un ramène régulièrement des oiseaux ou des petits rongeurs, tandis que l'autre ne rapporte presque jamais rien. Une étude française menée auprès de plus de 2 500 humains de chats apporte une explication solide à cet écart, jusqu'ici seulement supposé : la personnalité du chat.


Le modèle "Feline Five", un outil de mesure déjà bien établi


Pour mesurer la personnalité féline de façon rigoureuse, les chercheurs se sont appuyés sur le modèle "Feline Five", déjà validé scientifiquement, qui décompose la personnalité du chat en cinq grandes dimensions :

  • le névrosisme (anxiété, réactivité au stress),

  • l'extraversion (curiosité, dynamisme),

  • la "dominance",

  • l'impulsivité,

  • et l'agréabilité (sociabilité, tolérance envers les autres).


L'équipe de recherche, rattachée au CNRS et à l'université Paris-Saclay, a interrogé 2508 humains de chats vivant en France sur la personnalité de leur chat selon ce modèle, ainsi que sur la fréquence à laquelle leur chat ramenait des proies (oiseaux et petits mammifères) à la maison.


Le profil du chat le plus enclin à chasser des proies


Le résultat principal est net. Les chats présentant un niveau élevé d'extraversion, ou au contraire un faible niveau de névrosisme, ramenaient significativement plus souvent des proies à la maison, que ce soit des oiseaux ou des petits mammifères. Cette association confirme une hypothèse déjà formulée par des chercheurs, selon laquelle un chat peu anxieux et porté à l'exploration serait naturellement plus enclin à s'aventurer et à chasser, tandis qu'un chat plus curieux et dynamique chercherait davantage de stimulation, y compris à travers la chasse.


Un second résultat, plus spécifique aux oiseaux, mérite d'être signalé. Les chats présentant un faible niveau d'agréabilité, ou à l'inverse un niveau élevé de dominance, ramenaient significativement moins d'oiseaux que les autres.

Un résultat qui souligne que chaque dimension de la personnalité féline peut jouer un rôle différent selon le type de proie concerné.

D'autres facteurs confirmés, au-delà de la seule personnalité


L'étude confirme également plusieurs facteurs déjà connus, mais cette fois en tenant compte simultanément de la personnalité comme variable statistique. Les chats passant davantage de temps à l'extérieur, ceux sans pedigree (par opposition aux chats de race), ainsi que ceux vivant en zone rurale ou périurbaine plutôt qu'en milieu strictement urbain, présentaient des taux de retour de proies plus élevés. En revanche, ni le sexe ni l'âge du chat ne semblaient influencer significativement cette fréquence, une fois la personnalité prise en compte.


Ce que ça n'explique pas (et qu'il faut garder en tête)


Cette étude repose sur une méthode déclarative car ce sont les humains eux-mêmes qui évaluent la personnalité de leur chat et rapportent la fréquence des proies ramenées, sans observation directe et systématique sur le terrain. Cette limite, courante dans ce type de recherche à grande échelle, n'invalide pas les résultats mais invite à les interpréter comme une tendance statistique solide, plutôt que comme une prédiction fiable pour un chat pris individuellement.


Un chat très casanier peut tout à fait ramener une proie occasionnellement, et un chat extraverti peut très bien ne jamais rien rapporter, selon la disponibilité réelle de proies dans son environnement immédiat, facteur qui reste, comme le rappellent les chercheurs, l'un des déterminants les plus importants de la prédation féline, aux côtés de la personnalité.


Ce que ça change


Cette étude apporte un éclairage utile dans le débat plus large sur l'impact du chat sur la faune sauvage, un sujet qui anime régulièrement chercheurs en conservation et chercheurs en bien-être animal. Comprendre que certains chats sont statistiquement plus enclins à chasser en raison de traits de personnalité identifiables ouvre une piste intéressante car plutôt que des mesures uniformes appliquées à tous les chats sans distinction, des stratégies de prévention pourraient un jour être ciblées en priorité sur les profils de chats les plus susceptibles de chasser activement, en complément des mesures déjà connues comme les colliers à grelot ou des sorties limitées aux heures de moindre activité de la faune sauvage.


Source : Cordonnier, M., Perrot, A., Ferry, N., Bonnaud, E., & Baudry, E. (2023). Pet cat personality linked to owner-reported predation frequency. Ecology and Evolution, 13(1), e9651. CNRS, AgroParisTech, Université Paris-Saclay.



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A propos de l'auteur

Cyril Bauchais est comportementaliste félin et cat sitter dans les Hauts-de-Seine (Bagneux, Sceaux, Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses -92-).

Formé plus de 600 heures à l'observation et à l'accompagnement du chat, il est aussi formateur chez Equilicat Formations, auteur des livres "L'équilibre idéal de mon chat" et "L'habitat idéal pour mon chat", anime le podcast "Le Mystère Miaou" et aussi créateurs de contenus pédagogiques pour mieux comprendre nos petits félins, sur les réseaux sociaux où il publie une vidéo chaque semaine.


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