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Votre chat sait-il faire la différence entre votre joie et votre colère ? Une étude a testé la question

Photo du rédacteur: Cyril Bauchais
Cyril Bauchais
3 oct.
3 min de lecture
Un homme qui tient un chat blanc

On sait depuis longtemps que le chien suit et interprète les expressions émotionnelles humaines avec une belle finesse. Mais qu'en est-il du chat, cet autre "meilleur ami de l'humain" au parcours évolutif pourtant si différent ? Une étude menée à l'université d'Oakland (Michigan) a directement testé cette capacité, avec des résultats aussi intéressants que nuancés.


Un chat pas comme le chien, sur le plan évolutif


L'intérêt de tester le chat sur ce terrain tient à une différence fondamentale avec le chien : les deux espèces appartiennent au même grand groupe des carnivores, mais seul le chien a évolué en développant des structures sociales complexes proches de celles de l'humain, avec une domestication plus ancienne et plus étroitement liée à la collaboration directe avec lui. Le chat, lui, reste par nature un chasseur plus 'solitaire'. Étudier sa capacité à distinguer les émotions humaines permet donc de mieux comprendre si cette compétence dépend surtout de la structure sociale d'une espèce, ou si elle peut aussi émerger simplement au contact prolongé de l'humain, indépendamment de cet héritage social.


Deux expériences, deux canaux sensoriels testés séparément


Pour isoler précisément ce qui influence la perception du chat, les chercheuses ont mené deux expériences distinctes auprès de 12 chats et de leurs humains. La première présentait uniquement des indices visuels : une expression faciale et une posture corporelle de joie ou de colère, mimées à la fois par l'humain familier du chat et par une personne inconnue, sans aucun son. La seconde présentait uniquement des indices vocaux, sous la forme d'une conversation enregistrée entre un humain et l'expérimentatrice, à connotation positive ou négative, sans aucun repère visuel associé.


Un effet réel, mais seulement modeste


Le résultat principal est à la fois positif et nuancé.

Face aux signaux de joie, les chats manifestaient davantage de comportements positifs et passaient plus de temps en contact physique avec la personne concernée que face aux signaux de colère.

Ce résultat confirme donc que le chat perçoit bel et bien une différence entre ces deux états émotionnels humains, et ajuste son comportement en fonction.


Ce que les chercheuses soulignent avec beaucoup d'honnêteté scientifique, c'est l'ampleur réelle de cet effet : les changements de comportement observés restaient subtils, ce qui les a conduites à conclure que les chats ne se montraient que "modestement" sensibles à ces signaux émotionnels humains, loin de la sensibilité beaucoup plus marquée et étudiée chez le chien dans une littérature scientifique plus abondante.


Le rôle clé de la relation déjà construite


Un point mérite d'être souligné : cette capacité de discrimination semblait plus nette lorsque les signaux provenaient de l'humain familier du chat que d'un inconnu.

Une piste d'explication avancée par les chercheuses est qu'un simple historique d'interactions avec les humains en général ne suffit peut-être pas, à lui seul, à permettre à un chat de décoder finement les émotions de n'importe quelle personne : c'est bien la relation individuelle construite avec son humain de référence qui semble jouer le rôle le plus déterminant dans cette capacité.


Ce que ça signifie pour la relation avec votre chat


Cette étude, aujourd'hui bien reprise dans la littérature scientifique sur la cognition féline, confirme une intuition que beaucoup d'humains de chats partagent déjà : leur chat perçoit une différence entre leur bonne humeur et leur agacement, même s'il ne réagit pas avec la même expressivité qu'un chien pourrait le faire.

Des travaux plus récents, menés par d'autres équipes, ont depuis approfondi cette question en montrant que les chats peuvent aussi combiner indices visuels et vocaux ensemble, ou même percevoir certaines différences via l'odeur corporelle liée à l'état émotionnel humain,

suggérant que cette sensibilité aux émotions humaines est réelle, mais qu'elle continue de se dévoiler progressivement au fil des recherches, une compétence bien plus discrète et nuancée que celle, plus spectaculaire, du chien.


Source : Galvan, M., & Vonk, J. (2016). Man's other best friend: domestic cats (F. silvestris catus) and their discrimination of human emotion cues. Animal Cognition, 19(1), 193-205. Département de psychologie, Oakland University, Michigan.



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A propos de l'auteur

Cyril Bauchais est comportementaliste félin et cat sitter dans les Hauts-de-Seine (Bagneux, Sceaux, Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses -92-).

Formé plus de 600 heures à l'observation et à l'accompagnement du chat, il est aussi formateur chez Equilicat Formations, auteur des livres "L'équilibre idéal de mon chat" et "L'habitat idéal pour mon chat", anime le podcast "Le Mystère Miaou" et aussi créateurs de contenus pédagogiques pour mieux comprendre nos petits félins, sur les réseaux sociaux où il publie une vidéo chaque semaine.


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