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Votre chat traîne dans sa litière après avoir fait ses besoins ? Une étude scientifique décrypte ce que ça veut dire

  • Photo du rédacteur: Cyril Bauchais Pet-Sitter AutoEntreprise
    Cyril Bauchais Pet-Sitter AutoEntreprise
  • 14 juil.
  • 4 min de lecture

On imagine souvent le passage à la litière comme un moment anodin pour un chat. Il entre, il fait ses besoins, il recouvre, il sort. Une étude menée par les laboratoires de recherche Nestlé Purina révèle une réalité un peu plus complexe. Jusqu'à 39 comportements distincts entrent en jeu autour d'un simple passage à la litière, et la façon dont un chat les enchaîne en dit long sur son ressenti réel.


Deux environnements, aux antipodes l'un de l'autre


Pour comprendre ce qui différencie une expérience de litière positive d'une expérience négative, les chercheurs ont observé 12 chats dans deux environnements bien distincts. Le premier, dit "enrichi", offrait un grand espace, un bac de la taille d'un bac à sable rempli d'une litière agglomérante absorbante, dans une pièce spacieuse. Le second, dit "type clinique", reproduisait les conditions restreintes d'un cabinet vétérinaire c'est à dire un petit bac standard rempli de billes de plastique sans pouvoir absorbant ni contrôle des odeurs, dans un espace réduit. Chaque chat a été filmé en continu dans les deux environnements, permettant l'analyse fine de 91 passages à la litière.


Premier enseignement, contre-intuitif, plus c'est court, mieux c'est


Ce résultat va à l'encontre de l'intuition qu'on pourrait avoir. Dans l'environnement enrichi (positif), la séquence complète d'élimination durait en moyenne 151 secondes pour une miction, contre 434 secondes dans l'environnement type clinique (négatif). Pour la défécation, l'écart est similaire : 235 secondes contre 475 secondes. Un chat qui s'attarde longuement autour de sa litière n'est donc pas nécessairement plus "à l'aise", bien au contraire car cela peut être le signe d'une expérience insatisfaisante.


Le signal le plus frappant étant le grattage compulsif après coup


L'un des résultats les plus marquants concerne le comportement de grattage après l'élimination. Dans l'environnement type clinique, les chats passaient en moyenne près de deux minutes après une miction, et plus d'une minute après une défécation, à gratter frénétiquement toutes les surfaces autour du bac, pas seulement la litière elle-même. Ce comportement n'apparaissait quasiment jamais dans l'environnement enrichi. L'interprétation des chercheurs revient à dire que lorsqu'un chat ne dispose pas d'assez de substrat pour recouvrir correctement ses déjections, il redirige ce besoin de recouvrement vers n'importe quelle surface disponible, un comportement qui traduit probablement une réelle frustration.


Un autre signe révélateur, le reniflage prolongé et répété


Autre différence marquante, les chats de l'environnement type clinique reniflaient leurs propres déjections nettement plus longtemps et plus souvent (jusqu'à trois à quatre fois plus fréquemment) que ceux de l'environnement enrichi, où le substrat permettait un meilleur contrôle des odeurs. Les chercheurs émettent l'hypothèse que l'odeur de l'élimination agit comme un signal déclencheur poussant le chat à agir pour la faire disparaître. Quand ce signal persiste malgré ses efforts, faute d'un substrat capable d'absorber l'odeur, le chat semble rester "bloqué" dans une boucle comportementale de retour au bac, reniflement, grattage, sans jamais parvenir à clore la séquence à sa satisfaction.


Une possible rétention urinaire préoccupante


Un point mérite une attention particulière, au-delà du simple confort. Dans l'environnement type clinique, les chats urinaient moins souvent, mais chaque miction durait bien plus longtemps (52 secondes en moyenne contre 20 secondes dans l'environnement enrichi). Or, chez la plupart des mammifères, la durée pour vider complètement la vessie tourne habituellement autour de 20 secondes, quelle que soit la taille de l'animal. Les chercheurs soulèvent une hypothèse pouvant être que ce comportement pourrait traduire une tendance des chats à retenir leur urine dans un environnement de litière insatisfaisant, un phénomène qui, chez l'humain, est associé à un risque accru d'infections urinaires. Un lien qui reste à confirmer chez le chat, mais qui invite à la prudence.


Le mythe de l'élimination hors du bac immédiatement démenti


Dernier résultat, particulièrement utile à connaître. Contrairement à une idée largement répandue, un chat insatisfait de sa litière ne se met pas immédiatement à faire ses besoins ailleurs. Sur l'ensemble de l'étude, seulement 4 mictions et 5 défécations hors du bac ont été enregistrées, uniquement dans l'environnement type clinique, malgré des signes comportementaux clairs de frustration chez presque tous les chats testés dans ces conditions. Autrement dit, l'absence d'élimination hors du bac ne signifie absolument pas que votre chat est satisfait de sa litière. Les vrais signaux à observer sont plus subtils comme l'hésitation à entrer, grattage frénétique après coup, reniflement prolongé, allers-retours, changements de posture répétés.


Ce que ça change concrètement pour votre chat


Cette étude confirme avec une précision inédite ce que beaucoup de comportementalistes recommandent déjà. Un bac large, offrant suffisamment de substrat absorbant pour permettre un recouvrement satisfaisant et un bon contrôle des odeurs, change réellement l'expérience vécue par le chat. Le facteur taille du bac, souvent choisi par commodité pour s'insérer dans un coin ou un placard, mériterait d'être reconsidéré du point de vue du chat plutôt que de celui de l'humain. Un chat qui utilise sa litière sans problème apparent n'est donc pas forcément un chat parfaitement satisfait. Observer la façon dont il se comporte autour de ce moment reste le meilleur indicateur de son ressenti réel.


Source : McGowan, R.T.S., Ellis, J.J., Bensky, M.K., & Martin, F. (2017). The ins and outs of the litter box: A detailed ethogram of cat elimination behavior in two contrasting environments. Applied Animal Behaviour Science, 194, 67-78.



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A propos de l'auteur

Cyril Bauchais est comportementaliste félin et cat sitter dans les Hauts-de-Seine (Bagneux, Sceaux, Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses -92-).

Formé plus de 600 heures à l'observation et à l'accompagnement du chat, il est aussi formateur chez Equilicat Formations, auteur du livre "L'habitat idéal pour mon chat", anime le podcast "Le Mystère Miaou" et aussi créateurs de contenus pédagogiques pour mieux comprendre nos petits félins, sur les réseaux sociaux où il publie une vidéo chaque semaine.


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