La forme des yeux de votre chat influence-t-elle vraiment son "capital sympathie" ?


Après une première étude sur le rôle de la couleur de pelage dans l'adoption des chats, une équipe de chercheurs australiens est allée plus loin en manipulant numériquement une seule et même photo de chat pour isoler l'effet précis de trois caractéristiques physiques : la couleur du pelage, la forme des yeux, et la taille des pupilles.
Une méthode ingénieuse avec un seul chat, 36 versions différentes
Les chercheurs ont pris une photo unique de chat européen à poil court et l'ont modifiée numériquement pour créer 36 combinaisons différentes avec quatre couleurs de pelage (noir, blanc, roux tigré, tigré brun), trois formes d'yeux (ronds, en amande, en noix), et trois tailles de pupilles. 624 adultes australiens ont ensuite évalué une de ces images au hasard, en notant la "mignonnitude" perçue, plusieurs traits de personnalité, et l'adoptabilité globale du chat.
Le facteur le plus déterminant, la "mignonnitude" perçue
Sur les 40% de variance expliquée dans les notes d'adoptabilité, c'est la perception de mignonnitude qui pèse le plus lourd, largement devant tous les autres facteurs... Viennent ensuite la perception de gentillesse et, dans une moindre mesure, la timidité perçue.
Les yeux ronds ont systématiquement été jugés plus mignons que les yeux en amande, un résultat cohérent avec la théorie du "schéma du bébé" c'est à dire, des yeux larges et ronds évoquent inconsciemment la morphologie d'un jeune animal, ce qui déclenche un instinct de protection et de nurturance (ensemble des soins attentifs, du soutien affectif et de l'aide apportés pour favoriser la croissance, la sécurité et le bien-être d'un individu) chez l'observateur humain.
Un résultat qui déjoue les attentes sur les chats noirs
Fait notable, les chats noirs ont obtenu dans cette étude des notes d'adoptabilité globalement plus élevées que les autres couleurs, y compris perçus comme plus amicaux et plus joueurs. Un résultat qui va à l'encontre de plusieurs études antérieures ayant documenté un désavantage à l'adoption pour les chats noirs.
Les chercheurs avancent une explication intéressante car l'échantillon a été recruté via une association de protection animale connue pour sensibiliser régulièrement son public au biais anti-chats noirs. 😉 Il est donc possible que les participants aient été particulièrement conscients de cet enjeu, et aient corrigé, consciemment ou non, leur jugement en conséquence.
La taille des pupilles, un facteur sans effet mesurable
Contrairement à ce qu'on aurait pu attendre, la taille des pupilles n'a eu aucun effet significatif sur les notes d'adoptabilité, alors que des études antérieures suggéraient qu'une pupille dilatée serait perçue plus positivement. Les chercheurs suspectent un problème purement technique car sur de petites images consultées depuis un téléphone, la différence de taille des pupilles devient probablement trop subtile pour être perçue par l'œil humain.
Ce que ça signifie pour les refuges
Cette étude confirme un principe simple mais souvent sous-exploité sur la façon dont une photo capture les yeux d'un chat ce qui peut réellement influencer ses chances d'adoption, indépendamment de sa vraie personnalité. Les auteurs suggèrent que les refuges pourraient tirer parti de ce constat en mettant particulièrement en avant, dans le texte accompagnant chaque profil, les traits de caractère désirables (sociabilité, jeu, affection), en particulier pour les chats dont la morphologie naturelle des yeux les désavantage sur une simple photo.
Un rappel utile aussi pour tout futur adoptant, la mignonnitude d'une photo ne dit strictement rien du tempérament réel d'un chat, une leçon qui vaut la peine d'être gardée en tête avant de faire un choix basé sur un simple coup de cœur visuel.
Source : Whelan, S.C., Tepper, D.L., Dawson, J.K., Rayment, D., Chilcott, L., Bennett, P.C., & Howell, T.J. (2026). The Influence of Cat Coat Colour, Eye Shape, and Pupil Size on Ratings of Adoptability Based on a Standardised Online Image, in an Australian Sample. Animals, 16(2), 339. https://www.mdpi.com/2076-2615/16/2/339





Commentaires