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Votre chat laisse de la nourriture dans sa gamelle ? Ce n'est ni de la difficulté, ni un manque d'appétit

Photo du rédacteur: Cyril Bauchais
Cyril Bauchais
11 sept.
3 min de lecture
Croquettes dans une gamelle et à côté

Un chat qui délaisse une partie de sa gamelle, on met souvent ça sur le compte d'un appétit capricieux ou d'un simple manque de faim. Une étude japonaise récente, menée par l'Université d'Iwate, apporte une explication bien plus précise, et jusqu'ici jamais démontrée expérimentalement : ce n'est pas la satiété seule qui arrête un chat, c'est aussi...l'odeur !


Le mode "petits repas fréquents" enfin expliqué


On sait depuis longtemps que le chat mange différemment du chien. Plutôt que d'engloutir une grande quantité en une fois quand la nourriture est disponible, il picore en petites quantités, plusieurs fois par jour. Ce comportement était jusqu'ici expliqué de façon assez vague, comme un équilibre entre régulation énergétique interne et influences sensorielles externes, sans que le mécanisme précis ne soit identifié.


Une équipe de chercheurs, menée par le professeur Masao Miyazaki et l'étudiant diplômé Takumi Takahashi de la faculté d'agriculture de l'Université d'Iwate, a mené une expérience sur 12 chats pour comprendre ce qui se joue réellement au moment où un chat décide d'arrêter de manger.


Une expérience qui confirme d'abord une évidence de terrain


Première étape : après un jeûne de 16 heures, la majorité des chats testés s'arrêtaient spontanément de manger avant d'avoir terminé la portion proposée, confirmant sur le plan expérimental ce que beaucoup d'humains de chats observent déjà au quotidien : un chat qui a faim ne vide pas forcément sa gamelle pour autant.


Le protocole clé : faire varier uniquement l'odeur de la nourriture


Les chercheurs ont ensuite comparé la prise alimentaire des chats sur des cycles répétés de 10 minutes de repas suivies de 10 minutes de pause, en faisant varier un seul paramètre étant le nombre d'aliments différents proposés au fil de la journée. Résultat, quand le même aliment était systématiquement représenté, la quantité mangée diminuait progressivement au fil des cycles. Mais quand six aliments différents étaient proposés en alternance, cette baisse était nettement atténuée, et la quantité totale ingérée sur la journée augmentait significativement.


Fait notable, quand un nouvel aliment était introduit après plusieurs cycles du même aliment, l'appétit du chat repartait à la hausse, indépendamment du fait que ce nouvel aliment soit objectivement plus ou moins appétent que le précédent.

Ce n'était donc pas une question de préférence gustative, mais bien de nouveauté.

La preuve définitive : l'odeur seule suffit à relancer l'appétit


C'est l'expérience la plus déterminante de l'étude, pensée spécifiquement pour trancher entre une lassitude gustative et une lassitude olfactive. En utilisant une gamelle à deux compartiments séparant la source odorante de l'aliment lui-même, les chercheurs ont diffusé dans ce second compartiment uniquement le parfum d'un aliment plus appétissant, sans changer la nourriture réellement servie au chat.

Résultat, cette seule nouveauté olfactive suffisait à relancer la prise alimentaire, exactement comme lors d'un changement d'aliment complet.

À l'inverse, une exposition prolongée à l'odeur d'un même aliment entre les cycles de repas suffisait à freiner la prise alimentaire des cycles suivants.


Les chercheurs concluent que le mécanisme des petits repas fréquents chez le chat dépend directement de ce processus d'habituation puis de déshabituation olfactive : l'odeur d'un aliment devient progressivement moins stimulante à mesure qu'elle se répète, jusqu'à ce qu'un signal olfactif nouveau vienne relancer la motivation à manger.


Ce que ça change pour votre petit félin


Cette étude, une première sur le plan expérimental selon ses auteurs, ouvre des pistes concrètes pour deux situations bien connues des humains de chats. D'abord, pour un chat difficile ou en perte d'appétit, notamment un chat âgé ou malade, jouer sur la variété olfactive de son alimentation (alterner les textures, les parfums, voire simplement réchauffer légèrement une pâtée pour en raviver l'odeur) pourrait relancer son intérêt pour la nourriture, sans nécessairement changer l'aliment lui-même en profondeur.


Ensuite, pour un chat qui laisse régulièrement une partie de sa gamelle, ce résultat invite à nuancer l'interprétation : ce n'est pas systématiquement un signe de satiété totale ni un caprice, mais potentiellement le résultat naturel d'une habituation olfactive à un aliment resté trop longtemps exposé à l'air libre. Le professeur Miyazaki lui-même souligne que cette découverte pourrait déboucher sur de nouvelles stratégies alimentaires pour les chats à l'appétit réduit, ainsi que sur des applications concrètes dans la conception des aliments industriels pour chats...


Source : Takahashi, T. & Miyazaki, M. (2026). Olfactory habituation and dishabituation dynamically regulate feeding motivation in domestic cats. Physiology & Behavior (ScienceDirect). Étude relayée par l'Université d'Iwate, par GIGAZINE, et par Le Point Vétérinaire (lepointveterinaire.fr).



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A propos de l'auteur

Cyril Bauchais est comportementaliste félin et cat sitter dans les Hauts-de-Seine (Bagneux, Sceaux, Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses -92-).

Formé plus de 600 heures à l'observation et à l'accompagnement du chat, il est aussi formateur chez Equilicat Formations, auteur des livres "L'équilibre idéal de mon chat" et "L'habitat idéal pour mon chat", anime le podcast "Le Mystère Miaou" et aussi créateurs de contenus pédagogiques pour mieux comprendre nos petits félins, sur les réseaux sociaux où il publie une vidéo chaque semaine.


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