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Que vivent vraiment les chats lors d'une exposition féline ? Une étude a observé 82 chats sur place

Photo du rédacteur: Cyril Bauchais
Cyril Bauchais
10 oct.
3 min de lecture

Cage inconnue, odeurs étrangères, va-et-vient permanent de visiteurs, passage sur la table de jugement devant des inconnus... Une exposition féline cumule à peu près tous les ingrédients d'une journée stressante pour un animal aussi attaché à ses repères que le chat ! Une étude italienne a voulu vérifier ce que révèle réellement le comportement des chats dans ce contexte précis, en observant 82 d'entre eux tout au long d'une exposition à Milan.


Le protocole : huit observations par chat, toute la journée


Un observateur formé s'est positionné à environ 1,5 mètre de chaque cage, une fois par heure de 10h à 17h, sans jamais interagir avec les chats pour ne pas influencer leur comportement. Étaient notés à chaque passage : la posture, la position dans la cage, le comportement observé, et la réaction à l'approche des visiteurs.


Le constat principal, des chats majoritairement calmes


Sur l'ensemble de la journée, la grande majorité des chats dormaient (93,9%), observaient leur environnement (92,7%) ou se reposaient (62,2%). Le jeu concernait 32,9% des chats, et seuls 20,7% ont été observés en train de se cacher, un comportement pourtant considéré comme un signe classique d'inconfort chez le chat.


Côté posture, 78,8% des chats présentaient un corps détendu et des oreilles droites, orientés vers leur environnement. Aucun chat n'a été observé haletant ou gueule ouverte laissant apparaître les dents, des signes de détresse aiguë qui, eux, étaient totalement absents.


Un signal tout de même présent : la posture accroupie


Un résultat mérite d'être nuancé car 63,4% des chats ont, à un moment ou un autre, adopté une posture accroupie avec la queue collée au corps, une posture pouvant traduire une certaine tension ou anxiété selon le contexte. Les chercheuses précisent toutefois que cette posture peut aussi correspondre à une simple position de repos, à condition que la tête et le cou restent dans une position relâchée plutôt que rentrés contre le corps. Un point que l'étude reconnaît elle-même comme une limite car cette distinction plus fine n'a pas été systématiquement documentée.


Le vrai facteur de stress identifié est l'affluence des visiteurs


C'est sans doute le résultat le plus concret et le plus exploitable de cette étude. La majorité des chats sont restés indifférents à la présence des visiteurs tout au long de la journée. Mais le comportement de dissimulation a varié de façon significative selon l'affluence et c'est précisément aux heures de plus forte fréquentation, entre 15h et 16h, que le pourcentage de chats cachés a atteint son maximum, avec 54,5% des chats concernés à ce moment précis.


Les chercheuses avancent une explication liée au bruit car les chats perçoivent des fréquences sonores bien plus élevées que les humains, et l'intensité sonore dans les environnements de ce type dépasse régulièrement des seuils connus pour activer une réponse de stress chez d'autres espèces. Une forte affluence de visiteurs génère mécaniquement davantage de bruit, de mouvement et de stimulation olfactive, autant de facteurs qui peuvent expliquer ce pic de dissimulation.


Une différence selon le sexe


Les femelles ont montré une tendance plus marquée à se cacher (26,7% contre 13,8% chez les mâles) et à miauler, tandis que les mâles présentaient davantage de comportements de repos et se retrouvaient plus souvent allongés sur le dos, une posture généralement associée à un état de détente.


Ce que suggère l'habituation


Le point central de la discussion des auteures est celui de l'habituation. Beaucoup des chats observés avaient entre un et deux ans, un âge cohérent avec une carrière d'exposition déjà entamée depuis leur plus jeune âge. L'habituation progressive à ce type d'environnement, construite au fil de plusieurs expositions vécues sans expérience traumatisante, pourrait expliquer pourquoi si peu de signes de détresse aiguë ont été observés, malgré un contexte objectivement chargé en facteurs de stress potentiels.


Ce que ça change concrètement pour l'aménagement des cages


Les chercheuses insistent sur un point qui est que la qualité de l'environnement compte davantage que sa taille. Pour un chat confiné plusieurs heures dans une cage d'exposition, l'accès à une cachette, un espace pour se percher, un griffoir, et une literie thermiquement confortable (les halls d'exposition étant souvent maintenus à une température plus basse que la zone de confort thermique naturelle du chat) semblent plus déterminants pour son bien-être que quelques centimètres carrés supplémentaires au sol.


Cette étude reste une étude pilote, et ses auteures appellent explicitement à des recherches complémentaires, notamment à l'aide d'outils de notation standardisés du stress félin, pour affiner ces premiers résultats et mieux accompagner éleveurs, exposants et futurs adoptants dans la compréhension de ce que vit réellement un chat le jour d'une exposition.


Source : Cannas, S., Palestrini, C., Alessi, S., & Scarpazza, F. (2023). Assessment of cats' behavior during a cat show. Journal of Veterinary Behavior. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1558787823000357



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A propos de l'auteur

Cyril Bauchais est comportementaliste félin et cat sitter dans les Hauts-de-Seine (Bagneux, Sceaux, Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses -92-).

Formé plus de 600 heures à l'observation et à l'accompagnement du chat, il est aussi formateur chez Equilicat Formations, auteur des livres "L'équilibre idéal de mon chat" et "L'habitat idéal pour mon chat", anime le podcast "Le Mystère Miaou" et aussi créateurs de contenus pédagogiques pour mieux comprendre nos petits félins, sur les réseaux sociaux où il publie une vidéo chaque semaine.


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