Croquettes ou pâtée : une étude chiffre précisément l'impact sur le risque de calculs urinaires


On sait depuis longtemps qu'une alimentation humide favorise une meilleure hydratation chez le chat. Une étude de référence menée par le centre de recherche Waltham va plus loin car elle mesure précisément, chiffres à l'appui, comment le taux d'humidité d'une même alimentation influence directement le risque de calculs urinaires, l'un des problèmes de santé les plus fréquents chez le chat.
Un protocole rigoureux pour isoler un seul facteur
Pour éviter tout biais lié à des différences nutritionnelles entre marques ou recettes, les chercheurs ont utilisé une seule et même croquette de référence (6,3% d'humidité), qu'ils ont ensuite réhydratée à différents niveaux (25,4%, 53,2% et 73,3% d'humidité) pour six chats adultes stérilisés, sur trois semaines par palier. Ainsi, la seule variable qui changeait réellement d'un groupe à l'autre était le taux d'humidité, l'apport calorique et nutritionnel restant strictement identique.
Les chercheurs ont mesuré chaque jour le volume d'urine produit, sa densité, ainsi que la quantité d'eau bue spontanément, avant de calculer la sursaturation relative de l'urine en oxalate de calcium et en struvite, les deux principaux types de calculs urinaires observés chez le chat, à l'aide d'un logiciel spécialisé.
Le réflexe de soif du chat ne compense jamais totalement
Premier résultat marquant : plus l'alimentation était humide, moins les chats buvaient spontanément au robinet ou à la gamelle d'eau. Une confirmation supplémentaire du très faible réflexe de soif du chat, héritier d'un ancêtre du désert habitué à tirer l'essentiel de son hydratation de ses proies plutôt que de points d'eau extérieurs.
Le problème, c'est que cette réduction de la consommation d'eau spontanée ne compensait jamais complètement la baisse d'humidité de l'alimentation. Les chats nourris avec l'aliment le plus humide (73,3%) absorbaient en moyenne 144,7 ml de liquide total par jour, contre seulement 103,4 ml avec l'aliment le plus sec (6,3% d'humidité), malgré une consommation d'eau au biberon multipliée par six chez ce dernier groupe pour tenter de compenser.
Une urine nettement plus diluée, donc plus sûre
Cette différence d'apport hydrique total s'est traduite directement sur la qualité de l'urine produite. Les chats nourris avec l'aliment le plus humide produisaient une urine significativement plus diluée (densité urinaire de 1,036 contre 1,052 à 1,054 pour les autres groupes), avec un volume urinaire quotidien nettement supérieur.
Le vrai résultat clé : un risque de calculs mesurablement réduit
C'est la donnée la plus importante de cette étude pour la santé de votre chat au quotidien : le niveau de sursaturation relative en oxalate de calcium, l'indicateur direct du risque de formation de calculs, chutait à 1,14 avec l'alimentation la plus humide, contre 2,29 avec l'alimentation la plus sèche. Pour donner un ordre d'idée, une valeur inférieure à 1 place l'urine dans une zone dite "sous-saturée", où le risque de cristallisation devient minime, tandis qu'une valeur comprise entre 1 et 12 reste dans une zone intermédiaire où la formation de nouveaux calculs demeure possible à long terme.
Autrement dit, avec l'alimentation la plus humide, l'urine des chats de l'étude s'approchait de cette zone de sécurité, alors qu'elle restait clairement dans la zone à risque avec les alimentations plus sèches, à calories et nutriments par ailleurs strictement identiques.
Ce que ça change pour l'alimentation de votre chat
Cette étude confirme, avec une rigueur méthodologique rarement atteinte sur ce sujet précis, que le simple fait d'augmenter l'humidité de l'alimentation, indépendamment de tout autre changement nutritionnel, suffit à réduire mesurablement le risque de calculs urinaires chez un chat en bonne santé. Un argument de poids en faveur d'une alimentation intégrant une part significative de pâtée, ou à défaut d'une humidification des croquettes, en particulier pour les chats les plus à risque de troubles urinaires.
Le point à garder à l'esprit, c'est que cette étude ne remplace jamais un avis vétérinaire individualisé, en particulier pour un chat ayant déjà présenté des calculs ou souffrant d'une pathologie urinaire diagnostiquée, pour qui une alimentation thérapeutique spécifique reste généralement recommandée.
Source : Buckley, C.M.F., Hawthorne, A., Colyer, A., & Stevenson, A.E. (2011). Effect of dietary water intake on urinary output, specific gravity and relative supersaturation for calcium oxalate and struvite in the cat. British Journal of Nutrition, 106(S1), S128-S130. Waltham Centre for Pet Nutrition.





Commentaires