Maltraitance animale, ce que révèle l'analyse de 501 décisions de justice en Corée du Sud
- Cyril Bauchais

- 10 août
- 2 min de lecture

Cet article aborde le sujet de la maltraitance animale et contient des éléments qui peuvent heurter la sensibilité de certains lecteurs. Les commentaires sont fermés. Merci.
Une étude scientifique récente a analysé 501 décisions de tribunaux coréens rendues entre 2003 et 2025 pour comprendre ce que le système judiciaire voit vraiment de la maltraitance animale, chats compris, et surtout ce qu'il ne voit pas.
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Les chats, 14% des victimes recensées
Sur l'ensemble des dossiers, les chiens représentent 63,9% des victimes, les chats 14% (70 cas sur 501), le reste concernant d'autres espèces ou des cas où l'animal n'était pas précisé. Ce déséquilibre se retrouve dans d'autres études internationales similaires (États-Unis, Finlande) car les chiens, plus visibles et davantage promenés en extérieur, semblent plus exposés aux situations documentées par la justice. Pour les chats, souvent plus confinés au domicile, cela ne signifie pas qu'ils sont moins souvent victimes, mais que leur maltraitance reste probablement moins visible et donc moins souvent judiciarisée.
Des violences physiques largement dominantes
Le type de maltraitance le plus fréquemment décrit est la violence physique directe (coups, frappe avec un objet), présente dans 92% des dossiers, tous animaux confondus. La négligence ayant entraîné la mort de l'animal apparaît dans 3% des cas. Les chercheurs appellent à la prudence car ce n'est pas que la violence physique soit la forme de maltraitance la plus répandue dans l'absolu, c'est qu'elle est plus visible, plus facile à prouver, donc plus souvent poursuivie...
La négligence, plus insidieuse, en particulier envers un chat d'intérieur dont le mal-être passe facilement inaperçu, reste probablement sous-documentée.
Des sanctions majoritairement financières
L'amende reste la sanction la plus fréquente (64,5% des cas seule, 21,4% avec mise à l'épreuve), l'emprisonnement ne concernant que 14,1% des décisions. Une tendance comparable à ce qui est observé aux États-Unis et en Finlande.
L'expertise vétérinaire, quasi invisible dans les dossiers
Une référence explicite à une intervention vétérinaire n'a été retrouvée que dans 1,4% des décisions (7 sur 501), un chiffre que les auteurs considèrent comme largement sous-estimé, de nombreux résumés de jugements omettant les détails médicaux présentés lors du procès.
Un vrai enjeu pour la profession vétérinaire serait de mieux documenter les preuves cliniques qui pourraient renforcer la capacité de la justice à qualifier précisément la gravité des faits, notamment pour les chats, dont les signes de souffrance sont déjà réputés difficiles à détecter même en consultation classique.
Ce qu'il faut en retenir
Les décisions de justice ne sont pas des documents de bien-être animal car elles ne mesurent ni la durée ni l'intensité de la souffrance. Elles montrent ce que le système parvient à prouver et sanctionner, pas l'ampleur réelle du problème. Pour les chats en particulier, dont le mal-être reste discret, cette étude rappelle que la maltraitance silencieuse échappe probablement bien plus souvent à la justice que la violence visible...
Source : Kim, A.-Y., Baek, J.-S., Ku, B., & Lee, K. (2026). Companion-Animal Abuse in South Korea: Welfare and Veterinary Implications from Criminal-Court Decisions (2003-2025). Animals, 16(15), 2354. https://www.mdpi.com/2076-2615/16/15/2354





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