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Le ronronnement de votre chat pourrait-il vous faire du bien à vous aussi ?

  • Photo du rédacteur: Cyril Bauchais
    Cyril Bauchais
  • 4 janv.
  • 3 min de lecture

Le ronronnement reste, encore aujourd'hui, l'un des comportements les plus mystérieux du chat. Son mécanisme précis n'est toujours pas totalement élucidé, et certaines hypothèses sur ses effets thérapeutiques, bien que fascinantes, restent à confirmer scientifiquement de façon plus rigoureuse. Voici ce qu'on en sait vraiment, et ce qui relève encore de l'hypothèse.


Un mécanisme qui n'est toujours pas totalement expliqué


L'hypothèse la plus solidement établie à ce jour situe l'origine du ronronnement dans de petites contractions rapides et répétées des muscles du larynx, qui font vibrer les cordes vocales au passage de l'air, aussi bien à l'inspiration qu'à l'expiration. D'autres pistes ont été explorées par le passé, notamment un rôle du flux sanguin dans les grands vaisseaux, mais elles restent aujourd'hui minoritaires dans la littérature scientifique. Ce qui est certain, en revanche, c'est que le ronronnement n'est pas réservé aux moments de bien-être... Un chat en grande souffrance ou en état de stress intense peut tout à fait ronronner.


Des fréquences graves, connues pour leurs effets sur l'organisme


Le ronronnement se situe dans une gamme de fréquences graves, généralement comprise entre 25 et 150 Hz selon les études. C'est précisément dans cette fourchette que certains travaux en médecine, notamment en orthopédie, ont exploré l'usage de vibrations basses fréquences pour stimuler la consolidation osseuse et la régénération tissulaire. Cette piste, popularisée notamment par les travaux de la chercheuse Elizabeth von Muggenthaler dans les années 2000, a nourri l'hypothèse séduisante d'un ronronnement aux vertus proprement thérapeutiques pour le chat lui-même. Il est toutefois important de rester prudent car ces travaux restent préliminaires et n'ont pas, à ce jour, fait l'objet d'un consensus scientifique aussi solide que d'autres pans de la recherche féline.


Pourquoi un chat ronronne-t-il aussi dans la douleur ?


Une explication plausible relie ce comportement au système nerveux autonome, celui qui régule nos fonctions vitales sans intervention de notre volonté. Ce système comprend deux branches complémentaires qui sont la branche sympathique, qui mobilise l'organisme face à un danger ou un effort (accélération du rythme cardiaque, vigilance accrue), et la branche parasympathique, qui au contraire favorise la récupération, la digestion et la réparation tissulaire. Le ronronnement pourrait s'inscrire dans l'activation de cette seconde branche, aussi bien chez un chat parfaitement détendu en train de somnoler que chez un chat blessé dont l'organisme chercherait à enclencher un mécanisme de réparation. Cette hypothèse reste cohérente avec les connaissances actuelles sur le système neurovégétatif, sans pour autant être définitivement démontrée spécifiquement pour le ronronnement.


Et l'effet sur l'humain qui l'écoute ?


C'est sans doute l'aspect le plus intéressant, et le plus difficile à mesurer scientifiquement. De nombreux témoignages, y compris ceux recueillis par le magazine Effervesciences auprès de personnes ayant testé des enregistrements de ronronnement, rapportent un effet relaxant assez net avec une facilitation de l'endormissement, sensation de détente profonde, diminution perçue du stress... Ces retours, purement déclaratifs et non issus d'un protocole scientifique contrôlé, ne permettent pas de conclure avec certitude, mais ils rejoignent une intuition largement partagée par les humains de chats.


Une explication possible tient au rôle de la mémoire émotionnelle. Le son du ronronnement, souvent associé à des moments de calme et de confiance passés avec son chat, pourrait réactiver ces souvenirs à travers les circuits cérébraux liés à la mémoire et aux émotions, un mécanisme qui rappelle celui de la fameuse "madeleine de Proust". Cette hypothèse reste elle aussi à explorer plus en profondeur en laboratoire de neurobiologie avant de pouvoir être affirmée comme un fait établi.


Ce qu'il est raisonnable d'en retenir


Le ronronnement demeure un comportement fascinant, à la croisée de la physiologie et de l'émotion, dont certains mécanismes commencent seulement à être documentés scientifiquement. Les pistes sur son effet réparateur pour le chat lui-même, comme sur son effet apaisant pour l'humain qui l'écoute, sont crédibles et méritent d'être creusées davantage, mais elles ne peuvent pas encore être présentées comme des faits scientifiquement établis au même titre que d'autres aspects mieux documentés du comportement félin. En attendant des études plus poussées, une chose reste certaine, partager un moment avec un chat qui ronronne contre vous n'a, en tout cas, jamais fait de mal à personne.🤗


Source : Les vertus thérapeutiques du ronronnement, Effervesciences (effervesciences.com). Cet article s'appuie sur un contenu de vulgarisation non issu d'une publication scientifique évaluée par les pairs ; les hypothèses présentées doivent être considérées avec la prudence nécessaire, en attendant des études complémentaires.



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A propos de l'auteur

Cyril Bauchais est comportementaliste félin et cat sitter dans les Hauts-de-Seine (Bagneux, Sceaux, Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses -92-).

Formé plus de 600 heures à l'observation et à l'accompagnement du chat, il est aussi formateur chez Equilicat Formations, auteur du livre "L'habitat idéal pour mon chat", anime le podcast "Le Mystère Miaou" et aussi créateurs de contenus pédagogiques pour mieux comprendre nos petits félins, sur les réseaux sociaux où il publie une vidéo chaque semaine.


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